février 21, 2018

Pratique ancestrale, la méditation nous vient de l’Orient et était initialement une pratique d’ordre spirituelle.

Longtemps associée au bouddhisme, dans les années 70, Jon Kabat-Zinn, professeur en médecine, a étendu la pratique de la méditation en la dénuant de son aspect « religieux », spirituel : on parle de laïcisation de la méditation.

Aujourd’hui, la méditation n’est plus seulement associée à une religion : lorsque l’on évoque la méditation, on évoque le bien-être qu’elle procure.

Cette source de bien-être, accessible à tous, explique l’engouement grandissant de cette pratique.

Il existe différents types de méditation : quel que soit celle pour laquelle on opte, les bienfaits de cette pratique sont indéniables et méritent qu’on s’y attarde.

Avant de s’attarder sur ces bienfaits, intéressons-nous au préalable aux différentes méthodes de méditation.

 

Les différentes méthodes pour méditer

Si la méditation est à l’origine d’ordre « religieuse » puisqu’elle est associée à Bouddha et donc au bouddhisme (à ce sujet, cf. article « bouddhisme : religion ou spiritualité ? »), la pratique a été laïcisée en Occident pour s’adresser à un public plus large.

Différentes méthodes pour méditer existent : on entend ainsi de plus en plus parler de méditation de pleine conscience mais aussi de méditation transcendantale ou encore de la méditation sensorielle.

 Si la finalité reste la même (être en contact avec soi-même), les méthodes différent selon leur origine.

Les plus anciennes méthodes sont celles qui restent associées au bouddhisme en l’occurrence le vipassana et le zazen.

Le vipassana est la source même de la méditation : elle constitue l’héritage de l’enseignement de Bouddha et repose sur l’observation continue de sa propre respiration.

La méthode est silencieuse et consiste à prendre conscience de l’air respiré : il s’agit donc d’observer mais aussi de prêter attention aux sensations ressenties.

Le moine bouddhiste Bhante Gunaratana a très bien résumé cette méthode en évoquant le fait que « la méditation vipassana s’est entraîner l’esprit à regarder à l’intérieur de nous et à voir comment les choses se passent dans notre esprit et dans notre corps ».

Autre méthode de méditation issue du bouddhisme, le zazen : l’étymologie du mot (le « za » signifiant assis et « zen » signifiant méditation) nous permet d’en savoir plus sur cette méthode qui consiste à méditer en adoptant une posture assise.

La posture adoptée dans le zazen renvoie directement à celle adoptée par Bouddha : en Inde, la méthode est désignée par le terme sanskrit dhyana (que l’on retrouve aussi dans le yoga). 

Face à ces deux méthodes ancestrales, une méthode dite laïque a été développée par Thich Nhat Hanh.

Maître de méditation vietnamien, lorsqu’il trouva refuge en France en 1966, il adopta l’enseignement de la méditation à la culture occidentale : il est le fondateur de la méditation dite de pleine conscience.

 Si Thich Nhat Hanh a développé la méthode de pleine conscience, c’est surtout l’américain Jon Kabat-Zinn qui a contribué à l’essor de cette méthode en l’associant à la réduction du stress qu’elle permet (en 1979, il créa une clinique de réduction du stress basée sur la méditation de pleine conscience).

 La méditation de pleine conscience, également appelée méditation laïque, consiste à être attentif, à prêter attention au moment présent et à observer les sensations ressenties.

 Aujourd’hui, cette méthode est surtout associée aux bienfaits qu’elle procure sur la santé et en l’occurrence sur la réduction du stress (c’est d’ailleurs sur ce bienfait que Jon Kabat-Zinn s’est focalisé).

Face au succès de cette méthode, certains ont tenus à rappeler que toute méditation est « de pleine conscience » puisque toute méthode pour méditer repose sur l’attention, l’observation.

On le remarque d’ailleurs avec la méthode dite transcendantale : issue de la spiritualité indienne, cette méthode est en réalité la première à s’adresser au peuple occidental.

 Pratique adaptée au monde occidental par Maharishi Mahesh Yogi, l’on peut aussi la qualifier de méditation de pleine conscience puisqu’elle consiste à se relaxer pour développer sa conscience.

Le développement et « succès » de cette méthode est surtout lié au fait que dans les années 1960, elle était en vogue auprès de diverses célébrités (pratiquée par les Beatles mais aussi les Doors ou encore par Martin Scorsese etc.).

Notons que si les méthodes précitées sont les plus connues, d’autres méthodes existent : citons à titre d’exemple la méditation dite sensorielle qui repose sur l’observation des sensations sur et dans le corps, ou encore la méditation dite kundalini qui renvoie directement à l’énergie qui circule dans le corps et aux chakras.

En fonction de la méthode choisie, la pratique de la méditation pourra différer ; quoiqu’il en soit, il n’y a pas une méthode meilleure que l’autre, le tout est d’être à l’aise avec la méthode choisie pour bénéficier des bienfaits de la méditation car c’est en effet pour ses bienfaits que la méditation est recherchée.

 

Les bienfaits de la méditation

Si la pratique de la méditation a été laïcisée, ce n’est pas par hasard : comme évoqué précédemment, c’est en raison des effets sur la santé, le bien-être des individus que Jon Kabat-Zinn a développé la méthode et qu’il a su l’adapter au monde médical.

Diverses études scientifiques ont d’ailleurs mis en évidence les apports bénéfiques de la méditation sur :

 

  • la réduction du stress : elle est l’essence même du développement de la méditation de pleine conscience et est à l’origine de la création des « Mindfulness Based Stress Reduction » (MBSR) c’est-à-dire des centres cliniques de réduction du stress.

Cet effet de réduction du stress permet aussi d’expliquer le succès actuel de la méditation : c’est effectivement en raison de ce bienfait que de plus en plus de personnes s’adonnent à la méditation et surtout à celle dite laïque.

Aujourd’hui, la méditation n’est plus seulement perçue comme une technique spirituelle réservée aux moines bouddhistes, elle est associée à une technique anti-stress.

Si elle permet de réduire le stress, c’est à la fois lié à la réduction de la densité de l’amygdale qu’elle entraîne (or, c’est cette zone qui devient plus dense sous l’effet du stress) et, c’est surtout en raison du fait que la méditation nécessite de se focaliser, de se centrer sur une seule chose : ainsi, elle permet de ne pas sauter de pensée en pensée, de ne pas ressasser et donc de se sentir mieux.

  • Outre la réduction du stress, la méditation évite aussi les rechutes dites dépressives : là encore, c’est aux Etats Unis qu’une méthode intégrant la méditation aux thérapies dites cognitives a été développée. On parle de méthode MBCT (pour Mindfulness Based Cognitive Therapy) : le taux de rechute a ainsi été divisé par deux.

Au-delà de la réduction du stress et des états dépressifs, les bienfaits de la méditation sur l’organisme et notamment sur le cerveau ont été mis en évidence par diverses études scientifiques. Il est désormais établi que :

  • La méditation permet de ralentir le vieillissement cérébral (vieillissement lié à l’amincissement avec l’âge du cortex préfrontal). Une étude menée par l’Université de Californie a ainsi mis en évidence le fait que le cerveau des personnes qui pratiquent la méditation depuis plusieurs années est mieux conservé que celui de ceux qui ne la pratiquent pas.

 

  • La méditation est une gymnastique du cerveau : en tant que telle, elle permet d’améliorer les capacités du cerveau. Cela a été mis en évidence par une étude menée en 2011 par l’Université d’Harvard : la structure du cerveau est notamment modifiée dans la mesure où les chercheurs ont constaté une augmentation de l’épaisseur du cortex cérébral de l’hippocampe (or, il s’agit de la zone qui influe sur notre capacité à mémoriser et à apprendre).

 

  • Gymnastique du cerveau, la méditation permet aussi d’améliorer ses capacités de concentration et ceci n’a rien d’étonnant car l’essence même de la méditation consiste à apprendre à focaliser son attention (sur sa respiration, sur une idée, un objet etc).

 

  • La méditation agit également sur la pression artérielle et permet de réduire l’hypertension : en effet, il est établi que la méditation permet au sang de circuler plus facilement dans les vaisseaux sanguins et donc de réduire la pression nécessaire au parcours du sang dans le corps.

 

  • Elle est également bénéfique pour prévenir les troubles cardio-vasculaires.

 

  • Elle permet d’atténuer la perception de la douleur et la réaction neuronale qui l’accompagne. A ce titre, elle est d’ailleurs de plus en plus préconisée aux personnes atteintes de cancer (non pas pour un quelconque pouvoir de guérison mais pour se sentir mieux ; en tant donc que complément aux soins préconisés).

 

Les bienfaits de la méditation sont donc physiologiques mais aussi psychologiques.

S’il est acquis qu’elle permet de réduire les états dépressifs, anxieux et le stress, l’on sait aussi que d’un point de vue psychologique, la méditation permet d’agir sur l’état émotionnel et sur les rapports que l’on a avec autrui.

La méditation permet de maitriser ses réactions et donc d’agir sur les symptômes qui peuvent provoquer une phobie sociale (cela inclut le stress, l’anxiété mais aussi le fait de contrôler sa peur des autres), de même, la capacité à mieux se concentrer permet d’améliorer l’empathie puisque l’individu qui médite est plus apte à écouter son prochain.

D’une manière générale, la méditation contribue donc au bien-être de chacun et à ce titre vaut la peine d’être pratiquée avec assiduité.

 

 


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